2024-05-29T12:18:09.228Z

Interview
– Foto: privat

Bocar N’Doye: Herzensprojekt Fußballschule im Senegal

Der ehemalige Spieler von u.a. Beggen, Petingen und Cebra arbeitet weiter als Beamter, betreibt aber von Europa aus eine Fußballschule in seiner Heimat Senegal

Seit Ende der neunziger, Anfang der 2000er Jahre hat Bocar N’Doye Schritt für Schritt eine Fußballschule in seiner Heimat Senegal aufgebaut. Es scheint fast selbstverständlich, dass der soziale und edukative Aspekt dabei nicht zu kurz kommt. N’Doye kann sich auf verlässliche Freunde und Förderer aus Luxemburg verlassen, mit denen er hier einen Verein gegründet hat, der der Unterstützung seiner Projekte im Senegal verschrieben ist. Das komplette Gespräch, das wir in französischer Sprache führten, findet ihr an dieser Stelle.

Bocar, tu as établi une école de foot au Sénégal. Tu peux expliquer un peu l’historique du projet?

Cela a commencé déjà vers environ 1999 ou 2000. Je me suis demandé ce que j’allais faire après ma carrière active de footballeur. Je commençais à aider par des dons de mes clubs où je jouais, comme des vêtements ou des chaussures. Je les remmenais ensuite au Sénégal. Petit à petit j’ai monté quelque chose qui au début était plutôt de nature humanitaire. J’ai distribué le matériel dans les quartiers résidentiels. Le football est très populaire et répandu en Afrique, c’est déjà une vraie culture là-haut. Le procureur joue, le juge joue, tout le monde, le boucher et autres. Et cela passe par toutes les classes de la population. Donc, moi je les aidais comme je le pouvais.

A un moment, je me suis dis que j’allais établir une association. J’ai commencé à créer mon école de foot. Au début c’était sans les papiers officiels, seulement en 2016 on a été reconnu par le gouvernement sénégalais. Avant, on ne jouait que des matchs de quartiers ou du genre. Quand-même quelques-uns ont réussi de devenir pro. Lors de cette période, il a y eu des bénévoles qui s’occupaient sur place de cette école de football. Après avoir reçu les papiers officiels du gouvernement on vient d’avoir l’agrément de la fédération sénégalaise de football seulement cette année-ci. Par cela on peut maintenant participer avec nos équipes aux championnats régionaux juniors.


Cette école s’occupe de quelles catégories d’âge?

Cela va des tout petits jusqu’à l’âge de 21 ans. On offre la pré-formation, la formation et la post-formation. Il s’entraînent quasiment tous les jours à l’exception du dimanche. Quand je suis là-bas, je reprends personnellement aussi des séances d’entraînements. Il y a trois autres entraîneurs à côté de moi-même. En général, on a le même problème qu’au Luxembourg, c’est-à-dire il y a un manque d’entraîneurs qualifiés. L’intention c’est de les former le mieux possible, mais on n’a pas la chance d’avoir des gens qui ont l’expertise. Et il faut bien distinguer l’expérience d’avoir joué au foot de cette expertise, de ce domaine de compétence, où on doit être capable de faire son boulot d’une manière propre et professionnelle.

Je donne un exemple : il y a, au Luxembourg comme au Sénégal, des personnes qui s’installent dans une équipe et qui ont un manque de compétence, mais qui croient d’être entraîneur d’une équipe. Quand les formateurs des jeunes ne sont pas bons, les joueurs ne peuvent pas être bons non plus, à moins qu’ils sont très doués – mais ceux-là ne courent pas les rues.


Combien de joueurs rejoignent régulièrement ton école?

Toutes catégories confondues, y inclus les joueurs qui ne participent pas encore dans des matchs, je dirai entre 70 et 80 joueurs.


Tu t’occupes uniquement de l’école de foot ou tu les encadres aussi d’un point de vue social?

L’idée c’était en effet ce que tu viens de dire. Au moment de la création de l’association on a défini le but de création d’une structure sportive pour aider les jeunes lors d’une intégration éducative. Cela veut dire que les jeunes ne feront pas que du football. Mais pour l’instant on n’est pas à un stade où on passe vraiment dans le secteur professionnel. Donc, l’éducation doit primer sur le sportif. Il faut qu’ils aillent à l’école. Je prends un exemple : j’ai quatre jeunes dans ma maison au Sénégal. Je m’occupe de leur éducation, je les mets à l’école, je les nourris. Le but c’est de les mettre en contact avec un club qui dispose d’une équipe professionnelle ambitieuse, un peu du genre « Génération Foot » du FC Metz.

Je cherche donc un réel partenariat avec une équipe professionnelle qui a de vraies ambitions. Ce club devrait par exemple investir dans les installations ou avoir une priorité sur les joueurs de mon école de foot. Le buts sont des bons partenariats avec des retours financiers que l’on puisse réinvestir dans l’éducation, dans la création encore d’écoles de foot, d’engager des professeurs etc. Car, quand le jour arrive où les jeunes ne seront pas des footballeurs professionnels, ils doivent pouvoir s’intégrer socialement par des diplômes universitaires ou autres. Mais là, je ne suis qu’au début. A l’instant c’est moi qui investit par mon salaire de fonctionnaire et on a créé une asbl avec mon ami Guy Lamesch (ndlr : le président du Red Star Merl-Belair) et aussi avec Claude Kremer (ndlr : ancien président de Junglinster, membre actuel du CA de la FLF) qui m’aident beaucoup. Et par cette asbl on essaie de créer ces partenariats, récolter des fonds, du matériel sportif et scolaire etc.

N'Doye liebt den Fußball auch heute noch
N'Doye liebt den Fußball auch heute noch – Foto: privat

Donc à l’instant tout fonctionne par du bénévolat?

Les entraîneurs disposent d’un contrat de bénévole, on se tape les mains, on vient du même quartier – c’est tout. Je ne cache pas qu’il y a 50 millions de personnes qui souhaitent être partie de mon association. Mais j’ai bien entendu dû limiter cela. Je gère le projet de façon militaire et très hiérarchique, sinon ce serait du chaos.


C’est un atout quand jamais quelqu’un sort vers une académie européenne et il sait à quoi cette discipline peut servir.

On est d’accord. Et pour achever cela j’ai besoin de bons contacts et contrats pour avoir des personnes en charge qui soient rémunérées comme elles ont fait le travail sur place. Le temps qu’ils passent chez les jeunes est extraordinaire mais malheureusement je ne peux pas encore leur payer cela. Donc l’idée de rémunération c’est que des joueurs auront une fois un contrat avec une équipe professionnelle pour lequel eux et nous auront un retour financier.

On reçoit à part des dons matériels quand-même aussi des dons financier, j’ai des amis qui ont même donné mille ou deux mille euros. Ces dons seront pris p.ex. pour payer l’école et même que les sommes semblent petites, c’est un bon début. Cela permet à développer l’affaire. J’organiserai aussi un grand repas lors duquel je vais parler les gens du projet. Ce sera après la rentrée scolaire, donc en septembre ou octobre. Je vais y lancer un appel pour soutenir le projet. Et au futur je pense même à arrêter mon travail et d’aller là-bas.

Je pense qu’on a la responsabilité d’aider l’Afrique, un continent tellement riche et aussi pauvre. Et un problème, c’est l’éducation. Moi, j’ai eu la chance d’avoir pu intégrer les meilleures écoles militaires et là j’ai envie de rendre quelque chose. Pour cela je veux utiliser mes connaissances, mon réseau, en fait tout ce que j’ai à ma disposition pour aider ces jeunes à pouvoir développer leur avenir. Et tout cela passe par de l’aide et l’éducation ainsi que l’empathie et la solidarité. Mais avec des idées européennes, je ne vais pas non plus changer l’Afrique ou le Sénégal. Mais les gens à côté de moi, je peux les changer et si c’est seulement en voyant comment j’ai réussi ma vie. J’ai beaucoup pris, mais je veux aussi beaucoup redonner.


Pour terminer, tu peux nous dire encore dans quelle région du Sénégal se situe ton école?

Je viens de Saint Louis au nord du pays direction frontière avec la Maurétanie, c’était la première Capitale du Sénégal. C’est là où on a établi mon école de foot. Pour conclure je tiens encore à remercier Séverin Laface des restaurants Come à la Maison et Il Mercato, qui est ami et sponsor du projet ainsi que Luxair et son pilote Paul Reuter, qui ont emmené gratuitement le matériel à Dakkar. Et il ne faut pas non plus oublier Bill Jones, mon mentor.

N'Doyes hiesige "asbl" trägt den Namen "Les amis de l’association Etoile Polaire" und kann über das Konto LU37 0099 7800 0106 0318 bei der Raiffeisen-Bank (CCRALULL) finanziell unterstützt werden.

Aufrufe: 020.8.2022, 11:05 Uhr
Paul KrierAutor